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Aurélie Gravas

TIPEES

OPENING RECEPTION: THURSDAY FEBRUARY 13.2020 TIME: 18.00 - 21.30

LIVE CONCERT: 20H30 Aurélie Gravas: guitare et voix / Luc van Lieshout: trompette

Le hasard n’existe pas..

Le chemin qui mène Alice au studio d’Aurélie commence il y a 4 ans. C’est l’aboutissement d’une quête d’un art qui se lie avec l’espérance de la paix, du repos, de la vie se changeant en une éternité tranquille. (1)

Alice n’avait pas d’image mentale précise pour guider sa recherche, mais elle reconnaitrait le graal quand il se présenterait à elle. L’épiphanie eut lieue par les voies mystérieuses du flux Instagram. Alléluia? Au contraire! C’est le fruit d’une recherche active et le travail d’une artiste en pleine maitrise de son talent. Le hasard n’existe pas.

J’invite, tous ceux qui frétillent d’impatience dans l’attente du vernissage, à lire ci-dessous un extrait du magnifique texte de Paul Ardenne, écrivain et historien de l’Art, surle travail d’Aurélie Gravas.

Pour les autres, la lecture vous réconciliera peut-être avec le contenu des «newsletters».

Bonne lecture.

Raphael Cruyt

(1) Paul Ardenne «AURÉLIE GRAVAS — L’ART FAIT MON NID», Tipees, Éditions Le Bord de l’eau / La Muette, février 2020.*

AURÉLIE GRAVAS — L’ART FAIT MON NID

Paul Ardenne

« Peindre, pour moi ? L’envie de créer un espace devant lequel je puisse rester jusqu’à la fin du monde. »

Il existe de multiples façons de regarder un tableau. On peut jouir de ce qu’un tableau représente, on peut se demander, encore, comment l’artiste l’a réalisé, quelle était son intention, quel bénéfice psychologique il attend d’en tirer. De même qu’il y a plusieurs manières de regarder un tableau et de lui trouver un sens ou une justification, l’acte de création a lui aussi maintes finalités. On peut créer, artiste, par vanité (laisser quelque chose de soi au monde), par dé- soeuvrement (s’occuper), par habitude (la pratique comme routine), par plaisir (le bonheur de faire quelque chose d’inédit ou d’expérimental). L’erreur, peut-être, est de considérer la création artistique, la Schöpfung, comme un processus à même d’être homogénéisé, universalisé, identique pour tous les créateurs. Venons-en à la peinture d’Aurélie Gravas, artiste française établie à Bruxelles, pour signifier d’emblée qu’on l’appréciera en ces lignes au prisme de la spécificité, non de l’universalité. La manière d’Aurélie Gravas n’appartient qu’à elle. Élaborée par collage, par brossage, par tracé avec un sens très travaillé des agencements, elle échappe à toute narration, oscille entre figuration et abstraction, ne rejette pas la tradition, incarnée sans fard par les références à de grands aînés, quoiqu’en traçant une voie singulière. Autre point singulier que l’on prendra en considération : l’intitulé de cette nouvelle série de tableaux présentée cet hiver à Bruxelles, « Tipees », plutôt sibyllin. Le tipee ? Cet habitat amérindien, de toile et de bois, a pour caractéristique d’être plus précaire que solide, et nomade autant que sédentaire.

Un processus

En une dizaine de tableaux de différents formats, Tipees expose à nos regards un univers coloré parfois figuratif, parfois abstrait. Ces compositions sont retorses à toute narration. On n’y raconte nulle histoire. On y fixe, plutôt, des situations...

Paul Ardenne, "Tipees", Éditions Le Bord de l’eau / La Muette, février 2020. **